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Livestreaming et CO₂ : ce que 2 Stream peut prouver (et ce qu'il ne peut pas)

Photo du rédacteur: Christophe Lenaerts
Christophe Lenaerts
il y a 1 heure
8 min de lecture

Livestreaming et hybride réduisent le CO₂ surtout en évitant des déplacements, pas en "dématérialisant" l'événement. À partir du 27 septembre 2026, la directive européenne 2024/825 impose de prouver ce chiffre au lieu de l'affirmer.



Dire qu'un événement est "vert" est facile. Montrer les chiffres derrière cette affirmation est plus utile. C'est la logique qui structure cet article : pas une promesse marketing, mais une méthode de calcul que vous pouvez vérifier vous-même.


Ce que la directive européenne change concrètement pour les organisateurs d'événements

La directive (UE) 2024/825 s'applique dans toute l'Union à partir du 27 septembre 2026 et encadre strictement les allégations environnementales, y compris celles liées aux événements et à la communication d'entreprise. Concrètement, une claim comme "cet événement est neutre en carbone" ou "ce format est écologique" ne peut plus être avancée sans preuve vérifiable, chiffrée et méthodologiquement explicite.


Le SPF Économie belge est clair sur ce point : une allégation environnementale devient trompeuse dès qu'elle est inexacte, exagérée ou impossible à vérifier par un tiers. Ce n'est pas une nuance juridique abstraite. C'est directement pertinent pour toute organisation qui communique sur l'impact carbone de ses conférences, sommets ou webinaires, en particulier dans les secteurs où la crédibilité de la communication est scrutée : institutions européennes, ONG, organisations de défense, entreprises soumises à des obligations de reporting ESG.


Ce qui devient risqué à partir de septembre 2026 :

  • Utiliser "vert", "durable" ou "écoresponsable" sans preuve chiffrée derrière le mot.

  • Annoncer une réduction de CO₂ sans préciser le périmètre couvert (voyage évité, production, ou les deux).

  • Publier un chiffre de type "3 000 fois moins d'impact" sans lien vers l'hypothèse et le calcul d'origine.


Nous accompagnons depuis plusieurs années des organisations qui doivent défendre leurs choix d'événements devant des comités de direction, des bailleurs de fonds ou des services de communication publique. Dans ce contexte, l'approximation coûte plus cher que la rigueur.


D'où vient réellement la réduction de CO₂ dans un événement hybride

La réduction d'émissions ne vient pas du streaming en tant que tel, elle vient des déplacements qui n'ont pas lieu. C'est la distinction la plus importante de tout cet article, et c'est celle que la plupart des communications sur la "durabilité des événements digitaux" passent sous silence.


Dans nos productions pour des clients internationaux, entre Bruxelles et Washington DC notamment, le facteur qui pèse le plus dans le bilan carbone d'un événement n'est presque jamais la salle, ni même la logistique sur site. C'est le nombre de personnes qui prennent l'avion ou le train longue distance pour y assister. Un intervenant qui traverse l'Atlantique pour une intervention de vingt minutes représente, à lui seul, un poste d'émissions largement supérieur à toute la production audiovisuelle de l'événement.


C'est pourquoi nous distinguons systématiquement deux choses qui sont souvent confondues dans la communication événementielle :

  • Les émissions évitées liées au déplacement : le trajet que le participant, le speaker ou l'équipe n'effectue plus parce qu'il se connecte à distance.

  • L'empreinte carbone réelle de la diffusion : l'énergie consommée par le matériel de production, les réseaux, les data centers et les appareils des spectateurs.


Ces deux éléments ne se compensent pas de la même manière et ne doivent jamais être fusionnés dans un seul chiffre présenté comme "l'impact climatique de l'événement". Un webinar entièrement digital et un événement hybride avec 300 participants sur site n'ont pas le même profil, et prétendre le contraire relève exactement du type de généralisation que la directive européenne vise à interdire.


Le streaming n'est pas neutre en carbone : ce qu'il consomme réellement

Un livestream consomme de l'énergie à chaque étape de la chaîne technique, et prétendre l'inverse serait déjà une allégation non vérifiable. La question pertinente n'est pas "le streaming pollue-t-il", mais "combien, comparé à quoi".


La chaîne technique d'une diffusion en direct mobilise plusieurs postes de consommation distincts :

  • La production sur site : caméras, régie, éclairage, encodeurs, alimentation du matériel de captation.

  • Le réseau de transmission : la bande passante utilisée pour envoyer le flux du site vers les serveurs de diffusion.

  • Les data centers : le stockage et le traitement du flux vidéo côté plateforme de streaming.

  • Les appareils des spectateurs : chaque écran connecté consomme de l'électricité pendant toute la durée du visionnage.


Cette réalité technique explique pourquoi nous ne présentons jamais le streaming comme "sans impact". Ce que nous pouvons affirmer, en revanche, c'est que cet impact est généralement d'un ordre de grandeur nettement inférieur à celui des déplacements évités, lorsque l'événement remplace effectivement des trajets longue distance pour un nombre significatif de participants. C'est une comparaison, pas une absence d'impact.


Un calcul transparent : comment nous établissons un chiffre défendable

Voici comment structurer un calcul vérifiable, plutôt qu'une affirmation générique. Prenons un scénario concret et clairement identifié comme tel : une conférence internationale avec 80 participants, dont 25 devaient initialement prendre l'avion depuis l'étranger pour assister à l'événement en personne.


Étape 1 : isoler le déplacement évité. On identifie combien de participants ne se déplacent plus, sur quelle distance, et avec quel mode de transport. Ce sont les trois variables qui déterminent tout le résultat : nombre de personnes, distance parcourue, moyen de transport utilisé.


Étape 2 : appliquer un facteur d'émission reconnu. On applique un facteur d'émission par passager-kilomètre propre au mode de transport concerné (avion long-courrier, train, voiture). Le choix du facteur et sa source doivent être mentionnés explicitement, sinon le chiffre final n'est pas vérifiable.


Étape 3 : additionner le résultat. On multiplie le nombre de passagers-kilomètres évités par le facteur d'émission retenu pour obtenir un total en kilogrammes ou tonnes de CO₂ évité pour ce scénario précis.


Étape 4 : soustraire (ou ajouter en transparence) l'empreinte de la diffusion. On documente séparément l'énergie consommée par la production, la diffusion et le visionnage, sans la mélanger avec le chiffre du déplacement évité.


C'est cette structure en quatre étapes qui rend un chiffre comme "plusieurs tonnes de CO₂ évitées" défendable : il faut pouvoir retracer combien de participants, quelle distance, quel facteur d'émission, et quelle part de la production a été comptée à part. Un chiffre publié sans ces quatre éléments n'est pas une preuve, c'est une allégation. Nous détaillons cette approche sur notre page consacrée à l'impact climatique des événements digitaux, où nous expliquons comment les organisations internationales que nous accompagnons peuvent quantifier les émissions évitées liées à leurs sommets et conférences.


Livestreaming ou événement physique : que choisir selon votre situation

Choisissez le livestreaming ou l'hybride si votre audience est géographiquement dispersée et que la présence physique n'apporte pas de valeur ajoutée décisive. Évitez cette option si l'événement dépend fondamentalement du networking en personne ou d'une expérience sensorielle impossible à reproduire à distance.


Le format digital ou hybride a du sens quand :

  • Une part significative des participants ou intervenants devrait sinon voyager sur de longues distances (international, intercontinental).

  • L'objectif principal est la diffusion d'information, pas la création de liens interpersonnels sur site.

  • Vous devez démontrer, avec des chiffres vérifiables, une réduction d'émissions à des parties prenantes, un conseil d'administration ou un rapport ESG.

  • La sécurité, la logistique ou le budget de déplacement limitent déjà la présence physique de certains intervenants clés.


L'événement physique reste préférable quand :

  • Le networking, les rencontres bilatérales ou les négociations informelles constituent l'objectif central.

  • Le nombre de participants qui auraient dû se déplacer sur de longues distances est faible : l'effet sur les émissions évitées sera limité.

  • La démonstration produit, l'expérience immersive ou le prestige institutionnel de la présence physique pèsent plus que la réduction d'impact.


Dans la pratique, la plupart de nos clients internationaux (organisations de défense, institutions européennes, agences d'affaires publiques) optent pour l'hybride précisément parce que cela permet de conserver un noyau physique pour les moments à forte valeur relationnelle, tout en ouvrant l'accès à distance pour les participants dont le déplacement pèserait le plus dans le bilan carbone. Notre offre d'événements hybrides est construite autour de cette logique : garder ce qui doit rester physique, digitaliser ce qui peut l'être.


Pourquoi la transparence méthodologique compte plus que le mot "durable"

La question qui compte n'est pas de savoir si le streaming est "vert" ou "pas vert", mais ce qui change réellement quand des participants rejoignent à distance plutôt que de voyager, et comment cette différence peut être quantifiée. C'est la seule formulation qui survit à la fois à un examen technique sérieux et à la nouvelle réglementation européenne.


Nous appliquons cette logique à chaque webinar ou événement hybride que nous produisons pour nos clients : ce n'est pas au moment de la diffusion que se joue la crédibilité de la communication environnementale, c'est au moment où on documente ce qui a été évité, comment, et sur quelle base de calcul. Une organisation qui peut montrer ses hypothèses de départ (nombre de participants concernés, distances, mode de transport, facteur d'émission utilisé) n'a rien à craindre de la directive 2024/825. Une organisation qui se contente d'un adjectif n'a, à partir de septembre 2026, plus rien à y opposer.


Ce niveau de rigueur ne s'improvise pas au moment de la publication d'un rapport annuel. Il se construit dès la conception du format d'événement, avec les bonnes questions posées en amont : qui aurait dû se déplacer, sur quelle distance, et quelle part de l'audience reste physiquement présente. C'est le travail que nous menons en amont de chaque production avec nos clients institutionnels et corporate.


Ce qui change pour vous aujourd'hui : vous ne pouvez plus vous contenter d'un chiffre repris d'un article de blog sans en connaître l'origine. Si vous voulez communiquer sur l'impact carbone de votre prochain sommet, forum ou conférence hybride, demandez la méthode avant le résultat. Pour construire ce calcul sur votre propre événement, contactez notre équipe pour un échange sur votre projet et une visite de nos studios, et découvrez comment nous documentons l'impact climatique de vos productions sur notre page consacrée à l'impact climatique des solutions événementielles digitales.


Questions fréquentes


Le streaming vidéo pollue-t-il autant qu'on le dit ?

Le streaming consomme de l'énergie à chaque étape (production, réseau, data centers, appareils des spectateurs), mais cette consommation est généralement bien inférieure à celle d'un déplacement longue distance évité. L'ampleur réelle dépend de la durée de diffusion, du nombre de spectateurs connectés simultanément et de la qualité vidéo diffusée. Aucun chiffre générique ne s'applique à toutes les situations sans préciser ces variables.


Un événement hybride est-il toujours plus écologique qu'un événement 100% physique ?

Non, pas systématiquement. Si peu de participants auraient dû voyager sur de longues distances, l'effet des émissions évitées reste limité, tandis que la production hybride ajoute une couche technique supplémentaire. L'avantage climatique dépend directement du nombre de personnes qui ne se déplacent plus et de la distance qu'elles auraient parcourue.


Comment 2 Stream calcule-t-il les émissions de CO₂ évitées ?

Nous identifions le nombre de participants qui ne voyagent plus, la distance qu'ils auraient parcourue et le mode de transport concerné, puis appliquons un facteur d'émission reconnu par passager-kilomètre. Ce calcul est présenté séparément de l'empreinte propre à la production et à la diffusion, pour éviter toute confusion entre les deux types d'impact.


Que change la directive européenne 2024/825 pour les organisateurs d'événements ?

À partir du 27 septembre 2026, toute allégation environnementale sur un événement (comme "neutre en carbone" ou "durable") doit être précise, vérifiable et accompagnée d'une méthode de calcul explicite. Les formulations vagues sans preuve chiffrée deviennent juridiquement risquées, y compris dans la communication événementielle et corporate.


Quelle est la principale source de réduction de CO₂ dans un webinar ou un hybride ?

La principale source est le déplacement évité des participants et intervenants, pas la nature "digitale" de l'événement en soi. Plus le nombre de personnes qui auraient voyagé sur de longues distances est élevé, plus l'effet sur les émissions évitées est significatif.


Sources

 
 
 

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